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Pour ouïr cette légente, il convient d'éloigner les enfants et de se mettre dans l'ambiance avec la musique adhoc (cliquez sur la flèche à gauche si la musique ne démarre pas automatiquement), l'histoire se déroule au 11ème siècle...

Ensuite il faut se familiariser avec le décor :
 le château
 
Bardouville chateau corset rouge faceLe château du corset rouge, photographié en l'an de grâce 2010, cette vue montre à quel point il a honte de ce qui s'est déroulé entre ses murs... il se cache
et
le personnage central : la belle Yolaine de Montigny avec son célèbre corset rouge...

46a.jpg

Heu...c'est pas vraiment ça  mais ça habille faute d'avoir retrouvé une photo d'époque (crédit photo : http://www.photo-libre.fr )... je reviens à mon histoire :

En l'an de grâce mille soixante et des brouettes, un petit baronnet,  Seigneur de Bardouville, Bertrand de son petit nom, après avoir pillé, violé, égorgé  tout son saoul en terres anglaises s'en revint en terre presquilienne. Il ne fut pas rentré au castel depuis trois lunes qu'il rencontra  la belle Yolaine qu'était ben avenante, avait belle dote et, ce qui ne gâtait rien, était un peu gourdasse comme va le démontrer cette histoire. Bertrand tomba fou amoureux de la belle Yolaine et de sa dote. Des lors, n’eût de cesse de rencontrer les parents de Yolaine, Seigneurs de Montigny afin de leur demander la main de leur fillote appelée alors Yolaine vierge, du fait qu’elle tricotait beaucoup.  Affaire conclue,  Bertrand se mit en tête d’apprendre la gigote afin de faire bonne bouille au mariage, il alla trouver le Sieur Jehan qui lui fit cours en sa salle de Berville, vire à dextre et vire à senestre, petit doigt en l’air, tape la poulaine, ainsi va la gigote…

Après moult ripailles, gigotes et mangeailles, les épousailles furent consommées.

Les murs du château se mirent alors à chanter et à battre la cadence des ébats des deux jeunes époux ; toutes les chambres, toutes les caves, tous les couloirs, bref tous les recoins furent à la fête et ce qui devait advenir advint, la belle Yolande fit géniture d’un fillot qui fut appelé Guillaume. Hélas, le jour même de la naissance du petit Guillaume, Seigneur Bertrand embarqua pour l'Angleterre afin de prendre possession des domaines à lui attribués pour les services au Roi rendus, mais aussi pour piller, violer et égorger car cela lui manquait beaucoup. Pour montrer  que la presqu’île manquait de distractions, il disait souvent : pas une femelle Anglaise ni à violer ni à estriller en ce pays ! Les doux murmures de Yolaine, ne sont pas les cris d’’effraie de la gente anglaise… C’est dans la brume du petit matin que disparut Seigneur Bertrand sur sa barcasse.

Dans ces temps là,  de l'autre côté de la Seine vivait en l'abbaye Saint George, St-Martin-de-Boscherville-abbaye-St-George.jpgun religieux appelé Rafaelo, d'origine italienne (hé oui, les immigrés existaient déjà), et plutôt bellâtre. Ce religieux en charge de Procureur, charge consistant à veiller à tous les intérêts matériels de l'abbaye et de ses moines soit une véritable fortune. Il fallait voir comme il s’y prenait pour faire payer les plus pauvres,  leur disant de travailler plus pour gagner plus, afin qu’à l’an suivant, ils puissent donner plus. S’il était bon percepteur, Don Rafaelo  avait aussi bonne connaissance des choses de la médecine apprise auprès d’une de ses maîtresses, Dame Roselyne, hé oui, Don Rafaelo était drôle de paroissien, ce qui est un comble pour un religieux, vous me l’accorderez.

Masque-africain.jpgPeu de temps après le départ du Seigneur de Bardouville, le petit Guillaume fut atteint d'un mal étrange, son corps se couvrait de croûtes qu’il s’amusait à arracher par copeaux entiers (c'est d'ailleurs depuis ce jour que l'on a attribué le nom de guillaume à une sorte de petit rabot...). Des médecins de l’académie, les curés de Bardouville, d’Anneville, d’Ambourville, de Berville et  d’Yville même, des rebouteux, des charlatans, des sorciers de tous poils et de tous crins, mêmes de grands gourous vinrent auprès du petit malade lui administrant force breuvages tous plus infects les uns que les autres, le tartinant d'onguents à l'odeur pestilentielle et lui faisant subir mille et une souffrances, rien n'y faisait et le petit corps dépérissait.

(Peut-être le masque d'un sorcier venu soigner le petit Guillaume)

 

C'est donc  à point nommé que la réputation du Procureur Don Rafaelo vint aux esgourdes de Dame Yolaine de Bardouville :

- Excellent médecin, dit-on ? Mais, courrez donc le quérir !

Il nous faut Guillaume guérir si nous ne voulons périr

Car la main vengeresse du Seigneur Bertrand sait punir

Deux valets bien membrus y allèrent, ramèrent, et ramenèrent Don Rafaelo  au castel.

Ci-dessous la cale du passage d'eau de Bardouville appelé "Passage Saint George" par lequel est passé Don Rafaelo (celle-ci a été bétonnée après son passage)Bardouville cale passage d'eau

S’étant laissé convaincre contre monnaie sonnante et trébuchante, mais aussi promesse de bonne pitance et vinasse. Le gaillard pénétra dans la bâtisse par la poterne et, passant par les cuisines, ne put se garder de mangeailler  un brouet épais comme vase en Seine et une poularde bien grasse cuite en vinasse.  Après moult rots bien sonores, il fut amené à la chambre du petit ou il salua Dame Yolaine et commença son traitement.   A peine eut-il prononcé ses prières et administré une potion dont lui seul avait le secret que les croûtes disparurent comme par charmement. Dame Yolaine, d’émotion se laissa choir à terre. La voyant étendue à même le sol, Don Rafaelo ordonna de la faire transporter en sa chambre. Sitôt Yolaine sur sa couche allongée, Don Rafaelo remercia les valets en leur montrant la porte d’une telle manière qu’aucun ne voulu émettre la moindre remarque. Menuaille éclipsée, Don Rafaelo se mit en devoir de ranimer la belle Yolaine,  un bouche à bouche enflammé lui fit sentir le vent, le vent coquin, le vent fripon, le vent du souffle tiède de Yolaine qui rouvrit les yeux. Voyant qu’elle avait encore du mal à respirer, Don Rafaelo se mit en devoir de défaire son fameux corset rouge. C’est devoir de longue haleine, tant il y avait de lacets et boutons, mais à force de patience il pu Yolaine libérer. Icelle se dit qu’il fallait remercier ce bon Don Rafaelo pour tous ces bons soins prodigués. La manière dont elle le fit ne peut être ici rapportée… tout ce que l’on sait, c’est qu’ils finirent amants.

Afin d’éviter les rechutes du petit Guillaume, ils convinrent de recommencer, mais afin de ne point perdre trop de temps en délaçage du corset, Yolaine, gourdasse comme annoncé précédemment proposa de l’accrocher à la fenêtre de la chambre pour lui montrer qu’elle l’attendait. Et ainsi fut fait, et ce même si le petit Guillaume ne rechutait, le corset fut souvent accroché. Le château vivait ainsi, heureux, jusqu’au jour ou…

Une vieille barcasse émergea de la brume matinale sur la Seine et accosta au plus près du château. Un homme, les mains couvertes de sang, revenant d’Angleterre après avoir pillé, violé et égorgé tout son saoul, en descendit. C’était le Seigneur de Bardouville qui rentrait, les bourses pleines et le cœur léger.

Son regard se porta au château ou il vit le corset à la fenêtre accroché,

-          Tiens, tiens ! Ma Yolaine connait mon arrivée, certainement prévenue par Orange, mon fidèle coursier, elle a sûrement accroché ici son corset pour me montrer son impatience à me retrouver…

 

Bardouville chemin du royIl gravit prestement la petite montée vers le château encore endormi et passant par la poterne austère restée ouverte. Passant par les cuisines et n’y mangeant point tant il était impatient de retrouver sa belle, il fila vers la chambre de Yolaine et là, haletant, il ouvrit la porte et découvrit les deux amants dans sa couche. Oh, il ne mit pas longtemps à comprendre la situation et, n’écoutant sa raison prit son épée et transperça gaillardement Don Rafaelo, le poussa hors la couche pour s’y installer à son tour. Et tout repris comme avant…

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que Yolaine peignée, raconta la guérison de Guillaume à son mari et qu’icelui touché fit ramener Don Rafaelo à son abbaye ou il fut soigné. Une fois remis, on dit qu’il aurait changé de nom et quitté la région pour s’installer du côté de Paris où ayant été promu à de hautes charges il épousa une certaine Carlotta. Et même que Bertrand pris la tête de ses partisans, mais c’est une autre histoire… Quant à la belle Yolaine, elle est partie au bras d'un riche Viking de passage. Mais ça, c'est une autre histoire.

(Photo faite en l'an de grâce 2010 du chemin toujours existant qu'emprunta le Seigneur Bertrand de Bardouville en d'autres temps)

 

 

 

 

 

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